Publié par La Licorne d'Hannibal
   Préface (extraits)

" (...) L'autre part, titre ambivalent puisque l'expression désigne à la fois un ailleurs (là où l'on n'est pas) et une autre partie de soi, sans doute la moins éclairée mais non la moins fascinante. Où donc la source du courant poétique? Où donc cette force irrépressible et vitale, cette pulsion vers la page blanche - l'écriture me prend la main - cette impérieuse nécessité de tracer des signes, de matérialiser d'encre et de papier un appel venu d'on ne sait quel néant?...(...) Dans son obstination à visiter le lieu de naissance, Catherine Sicart répond à la poésie par la poésie à travers les réseaux du langage, ou plus exactement de sa propre langue. La page blanche réfléchit la poésie, miroir fondu en sa propre image, tant il est vrai que la poésie n'a d'autre fin qu'elle-même et ne produit qu'un perpétuel auto-engendrement (...)

Les premiers mots de Catherine Sicart traduisent une musicalité naissante puisée dans la langue, outil et matière.
Tendez l'oreille, laissez-vous porter sensoriellement hors toute quête d'un sens organisé, hors raison et justification, abandonnez-vous à ces envoûtants rapprochements de sons.
Déjà une architecture s'est mise en place, une voix délivre du sens hors norme, hors usage courant, hors usure par usage. La mémoire investit un regard d'où surgissent des paysages, sédiments de récits, de lectures, d'imageries intimes; ici la mer, la ville aux cubes blancs glissant vers la dernière écume de la dernière vague. Alger est nommée, et les versants imprécis du Sahel, les plis distants des monts kabyles. Mais, il n'est d'autres référents que ceux d'une géographie de l'âme (...)"

                                     Gérard Salgas, La Licorne d'Hannibal n°13

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